24 août 2023

Extrait de l'ouvrage Etoile nomade

                      




                  Extraits d'   ETOILE NOMADE    édition L'Harmattan 2011



                               Présentation de l'ouvrage 


En transit par les routes de l’arc-en-ciel


Fidèle à l’émerveillement du matin, la route nous décrit le monde en espace et en mouvement. Et chaque jour renouvelle l’expérience sacrée par laquelle se trame la parole poétique. Ainsi le lecteur passant pourra trouver dans « Etoile nomade » une manière d’éprouver la noblesse du réel à travers le récit ouvert d’un voyage vital entre pays et paysages, villes et villages, beauté et sauvagerie, terre et  ciel, partout et nulle part,

limite et liberté. 




Étoile du berger

 

Salut à l’étoile du berger,

Vénus au pré

Des  matins clairs

Guide les pâtres.

 

Et les  marins

La  guettent à l’angle

De l’estuaire,

Dans l’attente sacrée

Du mouvement.

 

La portière claque,

La clé tourne

Allume  sur les cadrans

Le désir de voyage,

La promesse  du rivage.

 

Bientôt

L’appel horizontal,

La voiture   frotte

La pierre des routes,

Les roues multiplient

Le  galop des chevaux

Sur la terre vagabonde.

 

Par la fenêtre au pluriel

Défilent

Les champs  de sinople. *

Le paysage orant

Transparaît

Derrière un vitrail

De silence, de silice

Et de  sylve.






Main d’oasis


Je voudrais t’écrire

Que je traverse la semaine

Au front des falaises.

Comme une flèche

A la tête vide,

En plané dans les courbes.

 

Je file par les détours de brume,

Radieux glissement

Vers les épures oniriques,

Les mers veilleuses

De Bering, de Byzance

D’Oman ou d’Arafura.

 

A contrechamp sur le capot

Il pleut des feuilles sèches,

L’épiderme du solstice

Les consume en phare d’ombre.

 

Ma course s’étire

En chorus de saxophone

Et le jazz la prolonge,

Tient sa note bleue

Sur les sillons syncopés

De la route esseulée.

 

Vers la lanterne des cimes,

L’asphodèle et la cardabelle

Ensoleillent le causse .

Par la vitre monde,

Il bruine des vergers

De rires féminins

Qu’enjôle l’aurore

Aux paupières d’ivoire.

 

Je mets le moteur au silence

Et passe une main d’oasis

Sur le défaut de la portière,

Comme si je caressais

La matière de l’errance.

Maintenant je le sais,

Quelqu’un en moi trépasse

Comme du bois vert

Envolé.



Pascal Mora 

 

 

 




 


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