Extraits d' ETOILE NOMADE édition L'Harmattan 2011
Présentation de l'ouvrage
En transit par les routes de l’arc-en-ciel
Fidèle à
l’émerveillement du matin, la route nous décrit le monde en espace et en
mouvement. Et chaque jour renouvelle l’expérience sacrée par laquelle se trame
la parole poétique. Ainsi le lecteur passant pourra trouver dans « Etoile
nomade » une manière d’éprouver la noblesse du réel à travers le récit
ouvert d’un voyage vital entre pays et paysages, villes et villages, beauté et
sauvagerie, terre et ciel, partout et
nulle part,
limite et
liberté.
Étoile
du berger
Salut à
l’étoile du berger,
Vénus au pré
Des matins clairs
Guide les
pâtres.
Et les marins
La guettent à l’angle
De l’estuaire,
Dans l’attente
sacrée
Du mouvement.
La portière
claque,
La clé tourne
Allume sur les cadrans
Le désir de
voyage,
La promesse du rivage.
Bientôt
L’appel
horizontal,
La voiture frotte
La pierre des
routes,
Les roues
multiplient
Le galop des chevaux
Sur la terre
vagabonde.
Par la
fenêtre au pluriel
Défilent
Les champs de sinople. *
Le paysage orant
Transparaît
Derrière un
vitrail
De silence, de
silice
Et de sylve.
Main d’oasis
Je voudrais t’écrire
Que je traverse la semaine
Au front des falaises.
Comme une flèche
A la tête vide,
En plané dans les courbes.
Je file par les détours de brume,
Radieux glissement
Vers les épures oniriques,
Les mers veilleuses
De Bering, de Byzance
D’Oman ou d’Arafura.
A contrechamp sur le capot
Il pleut des feuilles sèches,
L’épiderme du solstice
Les consume en phare d’ombre.
Ma course s’étire
En chorus de saxophone
Et le jazz la prolonge,
Tient sa note bleue
Sur les sillons syncopés
De la route esseulée.
Vers la lanterne des cimes,
L’asphodèle et la cardabelle
Ensoleillent le causse .
Par la vitre monde,
Il bruine des vergers
De rires féminins
Qu’enjôle l’aurore
Aux paupières d’ivoire.
Je mets le moteur au silence
Et passe une main d’oasis
Sur le défaut de la portière,
Comme si je caressais
La matière de l’errance.
Maintenant je le sais,
Quelqu’un en moi trépasse
Comme du bois vert
Envolé.
Pascal Mora
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