Mont
Beuvray
En ce pays d’hiver,
Lug
souffle la neige blessée
Face
au nord,
Il
fraie son oracle
A
travers le mystère
Aux
entrailles de bruyères.
Après
le colloque des chats-huants,
Le
matin lévite
Dans
ses habits de rivière
Et
la forêt princesse
Me
précède
Sur
le mont des Eduens
Aux
pâleurs de licorne.
Depuis
l’antique,
La
saga des Gaules
S’effeuille
par les traces
Et
la rhapsodie des sortilèges
Que
couvent les racines
A
l’essor du lichen amer.
Sous
la crinière des rêves
La
clairière présage
Le
destrier aux naseaux de foudre
Qui
foulera le chiffre du gui.
Suavement,
La
brume dégrafe
Un
silence dérobé
Aux
voltes du temps.
A contrepente
Un
arc de lueurs
Chemine
dans la pénombre
Bleu
gris
Qui
envoûte la sapinière.
Les
aiguilles et la mousse
rehaussent le houx
Et
la glaciale sente d’esquive
Qui
ondoie entre les écorces lisses,
Troncs
et broussailles sacrifiés
A
la sève des soupirs.
Plus
tard,
Les
chênes enchevêtrés
Dans
les siècles
Tendent
leurs branches,
Multiples
Comme
ces dieux hindous
Et
pourtant insulaires
Au
front des temples.
Sur
le tertre
Je
respire une clarté
D’avant
Rome.
Comme
un impluvium
Mangé
d’arbres,
L’archaïque
fontaine
Est-elle
cette créature
Eprise
de la verdure
Qui
l’ensoleille ,
Et
du liseron
Qui
y plonge ?
Elle
puise son vase émeraude
Par
l’aven obsidienne
Des
cavernes .
A Evelyne
Toi
L’autan
arrondit
La
dune à contre-jour.
Tes
bras lentement
Gestent
l’œuvre courbe
De
tes cils de lys
Dont
le pistil étincelle,
Et
tes contours
M’ouvrent
un rivage
Paré
de salicorne
A
l’orée de la mer désirante .
Je
m’éprends de tes mains déliées
Et
devine à la lyre de ton regard
Ce
poudroiement de l’écho
Qui
multiplie ta voix,
Celle
qui sait les caresses de l’azur.
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